Le mystère de la Chouette Effraie

 

Prologue

 

La pièce était plongée dans la pénombre, simplement éclairée par la lueur fugitive des braises qui achevaient de se consumer dans la magnifique cheminée au manteau sculpté, dont le magnifique travail était renforcé par les ombres que projetait la faible lueur du brasier. Dans la pénombre de la pièce, la forme sombre d’un fauteuil occupé par une personne profondément endormie, se découpait devant le foyer. La lueur rougeoyante des braises venait se refléter sur les nombreux récipients en verres, et les liquides qu’ils contenaient, dispersés sur une table, installée dans un coin de la pièce, parmi des parchemins recouverts de formules compliquées.

 

            Un magnifique oiseau au plumage rouge et or, surgissant dont ne sais où, se posa sur le bras du fauteuil, ses petits yeux noirs, étincelants dans la pénombre. Il laissa échapper une douce plainte.

 

            Le dormeur se réveilla en sursaut et sourit en apercevant le Phénix, toujours posé sur le fauteuil. Il caressa brièvement l’oiseau. S’étant levé, il s’approcha de la cheminée et tapa dans ses mains. Aussitôt, les braises se ravivèrent et, rapidement, un feu ardent crépita dans la cheminée, éclairant les lunettes en demi-lune du vieil homme, sa barbe et ses longs cheveux argentées et sa longue robe de sorcier verte. Ayant regagné son fauteuil, Albus Dumbledore observa longuement le foyer, perdu dans ses pensées, la main posée sur la tête du Phénix.

 

            “Ah, Fumseck ! murmura-t-il à l’adresse du Phénix. J’espère que tout se passera sans incident, cette année ! Mais Harry n’est plus à l’abri chez son oncle et sa tante, il est temps de l’autoriser à aller chez les Weasley. Au moins, il y sera plus en sécurité !”

 

            Un léger bruit, près de la seule fenêtre de la pièce, retentit alors. Une chouette blanche et rousse, était posée sur le rebord de la fenêtre, une lettre attachée à l’une de ses pattes. Dumbledore, qui semblait attendre sa venue, alla ouvrir la fenêtre, laissant entrer l’effraie qui se posa, sous le regard attentif de Fumseck, sur la table encombrée.

 

            Dumbledore détacha enfin la lettre que portait l’animal et en prit connaissance. A sa lecture, il esquissa un bref sourire, avant de s’installer devant une partie libre de la table et rédiger une réponse à son mystérieux correspondant. Le frottement de la plume sur le parchemin vint alors briser le silence qui régnait jusqu’alors dans la pièce.

 

            Une fois la lettre achevée, Dumbledore la plia et la confia à l’effraie qui quitta alors la table, se faufila par l’étroite fenêtre et disparut dans le ciel nocturne. Dumbledore, ayant refermé la fenêtre, s’attarda, l’espace d’un instant, devant un petit cadre, près de la fenêtre. Il soupira et, regagnant la table, il y prit un autre parchemin et une plume et rédigea rapidement, une autre lettre :

 

                        “Molly,

            L’année dernière, vous m’aviez demandé l’autorisation de faire venir Harry chez vous, dès le début des vacances et je m’étais vu obligé de refuser, pour sa propre sécurité. Mais, les circonstances ayant changées, Harry n’est plus à l’abri chez son oncle et sa tante et je vous demande de bien vouloir le prendre en charge, le plu tôt possible, jusqu’à la reprise des cours. Je sais que chez vous, il sera entre de bonnes mains, et mieux protégé qu’à Privet Drive.

            Avec mes sincères salutations,

                        Albus Dumbledore.”

 

            Il reposa sa plume, plia le parchemin et se leva à nouveau.

 

            “Attend-moi là Fumseck !” lança-t-il à son phénix, avant de quitter la pièce.

 

            Arrivé dans le couloir, désert à cette heure, il poussa le tableau qui masquait la porte de la pièce secrète et marcha, d’un pas vif, le long du couloir pavé, ses pas résonnant dans le silence pesant qui régnait dans le château, pour l’instant désert, mais qui, d’ici un mois, se repeuplerait d’élèves. Il traversa ainsi de nombreux couloirs et pièces du château et arriva enfin à la volière, où seules les chouettes de l’école étaient, du moins, pour l’instant, installés.

 

            Quelques minutes plus tard, une chouette hulotte quittait la volière, emportant la lettre de Dumbledore, vers son destinataire.

 

            Cela fait, Albus Dumbledore sortit de la volière et regagna sa pièce où l’attendait, bien sagement, le phénix, qui l’observait d’un air interrogateur.

 

            “Il est revenu, Fumseck ! murmura-t-il. Et Harry ne doit, du moins pour l’instant, rien savoir !”

 

 

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